top of page
Rechercher

Le récit comme rencontre : première journée du Workshop International Happiness à Valence


Le 23 mars 2026, la Bibliothèque Publique de Valence (Pilar Faus) a accueilli la première session du Workshop International Happiness in Practice, un projet européen Erasmus+ qui réunit l'Italie, l'Espagne et la Belgique autour d'un objectif commun : promouvoir la psychologie positive, la résilience communautaire et le bien-être des adultes à travers des pratiques culturelles partagées.

Plus de 30 participants de plus de 50 ans, italiens et espagnols, se sont retrouvés entre les colonnes de pierre et les voûtes de la bibliothèque pour partager quelque chose de rare : une matinée consacrée à la lecture, au dialogue et à la découverte de soi à travers la littérature.

Une porte ouverte sur la complexité

Le texte choisi pour cette première session a été La Porte de Magda Szabó, roman hongrois de 1987 traduit en plus de 40 langues et récompensé par le Prix Fémina en 2003. Une histoire intense et irrésolue, qui tourne autour de la relation entre une écrivaine et sa domestique Emerenc — une femme âgée, forte et mystérieuse, qui n'a jamais laissé entrer personne chez elle. La porte fermée d'Emerenc est le symbole de tout : du droit inviolable à une frontière privée, de la dignité comme valeur absolue, et de la véritable difficulté de comprendre réellement ceux que nous aimons.

Un seul mot

Après la présentation du projet par Ana María Solís — coordinatrice de Happiness in Practice — et l'accueil de Salvador Espert du Centro Sanitario del Convento de Jerusalén, les facilitateurs Domingo Ferrandis (ESA) et Paco Inclán (Bibliothèque Pilar Faus) ont ouvert le cercle avec une question apparemment simple : un seul mot pour dire ce que ce livre t'a laissé.

De ce mot est né un débat que personne ne voulait interrompre. Obsession. Trahison. Dignité. Frontière. Confiance brisée. Un amour qui détruit. Les mots s'entremêlaient en italien et en espagnol, révélant à quel point deux cultures différentes peuvent se reconnaître dans les mêmes questions profondes.

Les participants italiens avaient tendance à aborder le texte par la dimension psychologique — la culpabilité, la douleur, la complexité émotionnelle du lien. Les participants espagnols, en revanche, entraient plus souvent par la porte du pouvoir et de la relation sociale — la dépendance, la trahison comme acte public, le rôle du voisinage comme témoin. Deux perspectives différentes mais complémentaires, qui ont enrichi la lecture collective d'une façon qu'aucun des deux groupes n'aurait pu atteindre seul.

Le débat en petits groupes

Les participants se sont divisés en groupes mixtes italo-espagnols pour discuter de questions plus profondes : le sentiment de culpabilité de celui qui tente de sauver quelqu'un contre sa volonté est-il justifié ? Une relation véritablement égalitaire est-elle possible entre des mondes si différents ? Quand le mensonge est-il un acte d'amour et quand est-il une violation ?

Les réponses n'ont pas été unanimes — et cela a été reconnu comme la force du roman. On peut détruire quelqu'un en l'aimant : cette phrase, surgissant dans plus d'un groupe, a dit tout ce que le livre ne résout pas, et que la vie non plus ne résout souvent pas.

La session s'est terminée dans une atmosphère d'enthousiasme et de chaleur. Les participants se sont félicités pour la qualité des échanges et pour la possibilité, si rare, de dialoguer entre cultures à travers la littérature.

Happiness in Practice : la littérature comme outil de bien-être

Le cercle de lecture n'était pas un exercice culturel fine à lui-même. Les thèmes apparus dans le débat — dignité, frontière, soin, dépendance émotionnelle, culpabilité — sont précisément ceux que le projet Happiness in Practice aborde dans le travail quotidien avec les professionnels de santé, les personnes âgées et les communautés locales. La psychologie positive n'ignore pas la douleur et la complexité : elle les traverse. Et ce matin à Valence, elle l'a fait à travers les mots de Magda Szabó.

Le workshop se poursuit les 24 et 25 mars avec le Cercle de l'Empathie, le lancement de la Communauté de pratique trinationale et la visite au Musée des Beaux-Arts de Valence.


 
 
 

Commentaires


Happiness in Practice

Une communauté résiliente n’est pas une communauté qui ne souffre jamais, mais une communauté qui transforme chaque défi en un apprentissage partagé, en trouvant dans le fait d’être ensemble la source la plus profonde du bonheur.

Email: solissrls@gmail.com

Project N°2025-1-IT02-KA210-ADU-000350376

Financé par l’Union européenne. Les points de vue et opinions exprimés n’engagent toutefois que leur(s) auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ni de l’Agence nationale Erasmus+ – INDIRE. Ni l’Union européenne ni l’autorité chargée de l’octroi ne peuvent en être tenues responsables.

© 2035 by Happiness in Practice. Powered and secured by SOLIS SRLS

Mentions légales et politique de confidentialité

|

Déclaration d’accessibilité

|

bottom of page