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Dix clés, un parcours : de GREAT DREAM à une pratique partagée

21 août
8 min de lecture

Dix vidéos courtes, dix thèmes et dix occasions de s’arrêter, d’échanger et de faire entrer quelque chose de concret dans la vie quotidienne. Cette collection s’inscrit dans le parcours développé dans le cadre de Happiness in Practice: Positive Psychology & Community Resilience, un projet Erasmus+ d’éducation des adultes consacré au bien-être, à la résilience et à l’inclusion.

Les vidéos ne sont pas nées comme une action de communication isolée, mais comme une composante d’une approche méthodologique plus large. Dès sa conception, Happiness in Practice prévoyait de travailler avec les 10 Keys to Happier Living comme outil structuré pour accompagner des processus d’apprentissage avec des adultes. Les dix clés ont été présentées pour la première fois à l’équipe de formateurs des trois pays partenaires lors du premier atelier international organisé en Italie. À partir de ce moment, elles ont été progressivement intégrées aux différentes activités du projet, aux côtés des cercles d’empathie, des cartes émotionnelles communautaires, des ateliers locaux et d’autres ressources d’apprentissage.

Pourquoi ces dix thèmes

Si nous lisons en anglais et dans l’ordre les noms des dix clés, leurs initiales forment deux mots : GREAT DREAM.

Giving · Relating · Exercising · Awareness · Trying out

Direction · Resilience · Emotions · Acceptance · Meaning

Cette structure permet de comprendre les dix clés comme un parcours. Les cinq premières, regroupées sous le mot GREAT, sont principalement liées à ce que nous faisons et à la manière dont nous agissons dans la vie quotidienne. Elles nous invitent à observer la façon dont nous entrons en relation avec les autres, prenons soin de notre corps, prêtons attention à ce qui nous entoure et entretenons notre curiosité.

Nombre de ces dimensions peuvent se traduire assez facilement en petites actions concrètes, comme appeler quelqu’un, aller marcher, remarquer quelque chose qui passe habituellement inaperçu ou s’encourager à essayer une nouvelle activité.

Les cinq clés qui composent DREAM nous conduisent vers des dimensions plus réflexives. Elles nous invitent à nous demander dans quelle direction nous voulons avancer, comment nous réagissons aux difficultés, comment nous reconnaissons nos émotions, comment nous nous traitons nous-mêmes et ce qui donne du sens à notre vie. Il ne s’agit pas de tâches que l’on pourrait accomplir une fois pour toutes, mais d’orientations que nous pouvons cultiver au fil du temps.

C’est pourquoi la collection peut être utilisée comme un parcours progressif, même si chaque vidéo fonctionne également de manière autonome. Un groupe qui commence à travailler sur Giving peut partir de quelque chose de très concret, comme un geste de gentillesse, une expérience d’entraide ou une petite attention portée à quelqu’un. Plus tard, lorsque le parcours arrive à Meaning, le groupe peut aborder des questions liées aux valeurs, au sens ou à ce qui donne une orientation à la vie, en s’appuyant déjà sur des expériences partagées, un langage commun et une confiance plus forte au sein du groupe.

Derrière l’ensemble du parcours se trouve une idée essentielle : le bien-être n’est pas présenté comme une obligation d’« être heureux », mais comme la possibilité d’apprendre et de pratiquer des compétences, des habitudes et des stratégies susceptibles de contribuer au bien-être individuel et collectif et de nous aider à mieux faire face aux difficultés.

Des dix clés à dix petites histoires

Pour transformer ces idées en ressource audiovisuelle, nous avons choisi de ne pas expliquer chaque concept par une définition. Les dix vidéos suivent Luna, le même personnage tout au long de la collection, et la placent dans des situations quotidiennes simples et reconnaissables, comme lire un message assise sur le canapé, regarder un bol qu’elle vient de réaliser lors d’un atelier de céramique ou travailler dans un jardin après une tempête.

L’intention n’est pas de dire à la personne qui regarde ce qu’elle devrait penser ou ressentir, mais de montrer des situations suffisamment ouvertes pour faire naître une question et permettre à chacun de les relier à sa propre expérience.

Le style illustré contribue à cette ouverture, car il évite une représentation trop localisée et facilite la compréhension des scènes dans des contextes culturels différents. Une personne qui regarde les vidéos en Italie, en Espagne, en Belgique ou ailleurs n’a pas besoin d’avoir vécu exactement la même expérience que Luna pour reconnaître une émotion, un doute, une décision ou une manière d’entrer en relation avec les autres.

Deux minutes qui laissent de la place à l’apprentissage

Chaque vidéo dure environ deux minutes. Cette brièveté ne cherche pas à simplifier les thèmes, mais à laisser de la place à ce qui peut se produire après le visionnage.

Une activité peut commencer simplement par le visionnage de la vidéo en groupe, sans explication préalable du concept. Ensuite, un premier tour de parole peut être ouvert à partir d’une question simple, comme « Qu’est-ce qui t’est resté de cette histoire ? ». Une courte intervention de chaque personne peut suffire à faire apparaître différentes manières d’interpréter une même scène et à laisser également une place à celles et ceux qui prennent habituellement moins la parole.

La conversation peut ensuite être reliée à des expériences concrètes. Par exemple, demander « Es-tu d’accord pour dire que la gentillesse est importante ? » ne produit pas le même effet que demander « Quand quelqu’un a-t-il fait pour toi une petite chose dont tu te souviens encore ? ». La première question invite surtout à exprimer une opinion, tandis que la seconde peut ouvrir le récit d’une expérience personnelle.

Lorsque les personnes partagent des histoires concrètes, des notions larges comme le bien-être, la résilience, l’acceptation ou le sens cessent d’être abstraites et commencent à se relier à des situations réelles. Cette manière de travailler est directement liée au principe d’écoute active qui était également au cœur des cercles d’empathie développés pendant le projet en Italie, en Espagne et en Belgique, où les participants alternaient les rôles de la personne qui parle, de celle qui écoute et de celle qui est témoin de l’échange.

Passer de la conversation à la pratique

Happiness in Practice a été conçu comme un projet fondé sur des outils pratiques et non uniquement sur la transmission d’informations. C’est pourquoi, après la conversation, chaque participant peut identifier une petite action qu’il souhaite essayer avant la rencontre suivante.

Il peut s’agir de passer un appel repoussé depuis longtemps, de marcher quelques minutes, de porter une attention consciente à une activité quotidienne, de reconnaître une émotion avant de réagir ou enfin de s’autoriser à essayer quelque chose de nouveau.

Lors d’une rencontre ultérieure, le groupe peut revenir sur ces expériences et explorer ce qui s’est passé, ce qui a été facile, ce qui s’est avéré plus difficile ou si quelque chose a été perçu différemment. Un processus d’apprentissage se construit ainsi, reliant l’observation à l’expérience personnelle, la conversation avec les autres et la possibilité d’expérimenter de petits changements dans la vie quotidienne.

Le parcours peut donc être compris comme un mouvement continu entre regarder, réfléchir, partager, essayer puis partager à nouveau, dans lequel la ressource audiovisuelle sert de point de départ et l’expérience des personnes vient compléter l’apprentissage.

La Community of Practice comme espace de continuité

La Happiness Community of Practice est un espace virtuel multilingue, disponible en italien, espagnol, anglais et français et hébergé sur le site web du projet. Elle a été créée pour prolonger l’apprentissage au-delà des ateliers en présentiel, maintenir les relations entre les participants et favoriser les échanges et le soutien entre pairs.

Elle réunit aujourd’hui 40 personnes, dépassant les 30 membres initialement prévus, et propose différentes formes de participation. La communauté comprend des forums de discussion sur des thèmes liés au bien-être, des activités et des défis invitant à expérimenter des stratégies concrètes dans la vie quotidienne, des sessions avec des spécialistes de la psychologie positive et de la résilience émotionnelle, ainsi qu’une bibliothèque de ressources comprenant des outils et des exercices guidés.

Les vidéos trouvent naturellement leur place dans cet espace. Même si elles n’ont pas été conçues exclusivement pour la Community of Practice, elles peuvent devenir des ressources d’animation capables d’ouvrir une conversation, de proposer une petite pratique ou de favoriser l’échange d’expériences.

Les dix clés permettent également d’organiser un parcours progressif au sein de la communauté. Les vidéos peuvent être partagées chaque semaine, accompagner une activité particulière ou être revues plusieurs semaines plus tard afin d’observer si une même histoire suscite de nouvelles interprétations après l’accumulation d’expériences, de conversations et d’apprentissages.

Dans cette perspective, la ressource audiovisuelle ne vise pas à remplacer l’interaction entre les personnes, mais à créer les conditions permettant à cette interaction d’avoir lieu et de prendre du sens.

Une ressource au sein du Happiness Toolkit

La collection de vidéos ne doit pas non plus être considérée isolément, puisqu’elle fait partie de l’écosystème plus large de ressources développé dans le cadre de Happiness in Practice. Le Happiness Toolkit est une ressource numérique, interactive et multilingue qui combine des exercices pratiques, des tutoriels vidéo, des ressources audio et des outils d’auto-évaluation.

Il intègre également un assistant virtuel disponible dans les quatre langues du projet, conçu pour orienter les personnes qui utilisent le Toolkit, faciliter la navigation entre ses différentes sections, répondre aux questions fréquentes et suggérer des activités en fonction du moment et des besoins de chacun.

La conception du Toolkit accorde également une attention particulière à l’accessibilité, en intégrant des options audio et des sous-titres dans les contenus audiovisuels.

Au sein de cet ensemble de ressources, les vidéos jouent le rôle de porte d’entrée. Une histoire de deux minutes à peine peut ouvrir une conversation et, à partir de là, d’autres ressources du Toolkit permettent d’approfondir un thème, d’expérimenter une pratique ou d’adapter une activité à différents contextes d’éducation des adultes.

Quatre langues pour réduire les barrières

Les dix vidéos sont disponibles en anglais, italien, espagnol et français. Le choix de les produire en quatre langues répond non seulement à l’objectif d’élargir leur diffusion, mais aussi à la volonté de réduire les barrières d’accès et de faciliter le transfert de la ressource vers d’autres contextes.

Happiness in Practice réunit des organisations d’Italie, d’Espagne et de Belgique - SOLIS SRLS en tant que coordinateur, European Social Art et Projects for Europe - et le projet a prévu dès le départ que ses principales ressources numériques puissent être utilisées dans plusieurs langues.

La disponibilité des vidéos en quatre langues permet aux éducateurs, facilitateurs et participants de les intégrer directement à leurs activités sans avoir besoin de les traduire au préalable, tout en favorisant leur utilisation par d’autres organisations souhaitant travailler sur le bien-être, la résilience et l’éducation des adultes.

D’un résultat de projet à une ressource ouverte

Les ressources développées dans le cadre de Happiness in Practice sont mises à disposition de manière ouverte et gratuite afin de faciliter leur utilisation et leur adaptation par d’autres organisations.

Cet engagement en faveur du transfert était présent dès la proposition de projet et comprend également le partage de méthodologies, d’expériences et d’apprentissages avec la communauté européenne plus large de l’éducation des adultes, notamment à travers EPALE.

Cet article s’inscrit dans la même démarche. Il ne s’agit pas seulement de présenter un ensemble de ressources produites par le projet, mais aussi de partager des façons possibles de les utiliser.

Une ressource éducative acquiert une véritable valeur lorsqu’elle commence à circuler entre les personnes et les organisations : lorsqu’une personne l’utilise avec un groupe, lorsqu’une question donne lieu à une conversation inattendue, lorsqu’une personne essaie une petite pratique puis revient raconter ce qui s’est passé, ou encore lorsqu’une autre organisation adapte une activité à un contexte différent.

Flourish in Community

Les dix clés sont entrées dans Happiness in Practice comme un outil structuré pour travailler sur le bien-être. Les vidéos les transforment en petites histoires, le Toolkit permet de les approfondir et la Community of Practice offre un espace où les expériences et les apprentissages peuvent continuer à circuler entre les personnes.

Ce parcours reflète l’une des idées centrales du projet : le bien-être peut être abordé comme une compétence qui s’apprend et se pratique, mais son développement ne dépend pas uniquement de processus individuels. Il se construit aussi à travers la rencontre avec les autres, la réflexion partagée, l’écoute et la possibilité d’apprendre ensemble.

▶ Voir la collection complète de vidéos : Anglais · Espagnol · Italien · Français

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Happiness in Practice

Une communauté résiliente n’est pas une communauté qui ne souffre jamais, mais une communauté qui transforme chaque défi en un apprentissage partagé, en trouvant dans le fait d’être ensemble la source la plus profonde du bonheur.

Email: solissrls@gmail.com

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